Nous vivons actuellement le dégonflement de la plus grosse bulle de crédit jamais observée. Ainsi, la présente crise est d'un type différent des problèmes conjoncturels rencontrés depuis les années 30.
Nous sommes confrontés en réalité à une crise de solvabilité. Les Etats, les ménages, les entreprises sont massivement endettés. Le temps est désormais venu de payer ses dettes.
Mais plus généralement et pour être tout à fait réaliste, c’est à la fin d’un système économique auquel nous sommes confrontés.
L’application politique des thèses néo-libérales (efficience des marchés, dérégulation, retrait massif des états du champ économique, disparition des politiques sociales) lors de l’accession au pouvoir de Margaret Tatcher au Royaume-Uni et de Ronald Raigan aux USA a favorisé la croissance exponentielle de la dette publique et privée dans ces deux pays.
Les autres nations développées ont, elles aussi, suivi la même démarche mais à partir des années 90, bientôt rejointes par la quasi totalité des autres pays.
La dynamique de mondialisation, qui n'est rien d'autre que l'aspect le plus visible de la financiarisation de l'économie,
s’inscrit elle aussi dans la logique néo-libérale de compression des coûts (Salaires et fabrication) dont le seul but est de rémunérer toujours plus les financiers et actionnaires.
Afin de continuer à garantir la croissance dans un contexte de pression baissière sur les salaires,
de nombreux outils ont été créés afin de pousser l’endettements des ménages au maximum de sa capacité. C’est cette logique qui vient de prendre fin.
La rupture systémique s’est au final déclenchée du fait de l’octroie de crédits à taux variable à des ménages faiblement solvables et surtout par le biais de la titrisation. Une fois encore (les mêmes erreurs ont été commises dans les années 20), le laisser faire et l’absence de régulation a plongé la planète dans une situation plus que délicate.
Le retournement de l’immobilier aux USA, dès juin 2006, a littéralement pris au piège les emprunteurs subprime. Ces crédits se caractérisent en effet par un taux d’appel très faible revalorisé au bout de deux ans. Les emprunteurs comptaient sur une revente avec plus-value pour solder leur dette par la revente avant les deux années.
De la même manière, les sociétés financières ont sous estimé le risque, comptant sur la possibilité de saisir le logement et de le revendre avec une plus-value dans un marché immobilier en forte hausse et dont personne à l’époque ne voulait envisager le retournement.
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