Présentation de la rubrique.
La petite image que vous pouvez entrevoir sur la gauche va me servir de support pour la présentation du cas de ce pays. Cette image est une vue d’artiste du plus célèbre naufrage de l’histoire de la navigation. Au début du vingtième siècle, un navire (le plus gros jamais construit), réputé insubmersible parce que composé de compartiments étanche a disparu dans l’océan en moins de 3 heures. Cette histoire est célèbre, on en a même fait un film à succès.
Au début de cette crise qui nous préoccupe tous (Août 2007), on nous affirmait que ce n’était pas très grave, que le problème resterait limité à quelques entreprises de l’industrie financière, que l’Europe ne serait pas touché, bref, qu’il ne se passerait rien ou presque. Tout cela grâce à la titrisation, cette merveilleuse invention permettait en effet de diluer le risque. La finance était donc composée de compartiments étanches.
Comme indiqué dans la page sur la bulle de dettes, le principal problème de ce pays, c’est sa dette.
Au premier trimestre 2009, nous en étions à 53 500 milliards de dollars environ.
Soit une dette de 175 000 dollars par habitant. Somme modique s’il en est...
En 2007, pour chaque nouveau dollar de croissance, les USA ont généré 7 dollars de nouvelles dettes. Combien de temps une économie peut-elle tenir à ce rythme ?
70 % du PIB est le fait de la consommation des ménages. Quel va être l’avenir de ce pays si la consommation calle ?
Cet écrasement par la dette des populations s’est produit à la suite de la quasi-stagnation des salaires dans le pays depuis 15 ans. La machine économique a inventé de nouvelles offres de crédits pour compenser la perte de revenus des salariés.
Simple petit rappel, nous avons un premier plan de sauvetage des banques, un second plan pour les banques, un premier plan de relance et… Sans doute un second plan de relance…
Un plan de relance tous les trois mois donc… Pour quel résultat ? Rien ou presque rien…
La clé de cette crise se trouve dans les deux graphiques suivants (Source : Stats Z1 de la FED T1 2009).

Nous avons deux scénarios possibles à court terme.
1) La bulle de dette recommence à gonfler. Les acteurs économiques consomment de nouveau à crédit. Cela suppose que le consommateur salarié arrête d’avoir peur, que les banques soient en état de fournir du crédit (C’est aussi une question de peur), que les entreprises recommencent à investir, etc. Dans ce cas, la crise est terminée et il faudra attendre la suivante pour valider la saturation en dette du système.
2) A la façon de l’âne qui refuse de boire parce qu’il n’a plus soif, le consommateur se désendette le plus vite possible. Il consomme moins. Et surtout, il refuse désormais de le faire à crédit. Il est important de se représenter l’état d’esprit des populations du pays confrontées au chômage de masse, aux faillites retentissantes de mastodontes de l’industrie (GM, Crysler, etc). Le contexte général n’est pas du tout à l’euphorie. C’est dans ce cas le scénario noir de l’hiver de kondratieff. Nous en prenons pour plusieurs années et humainement nous vivrons des instants terribles.
Leur rêve.
Les dirigeants de cette planète rêvent de voir se produire le scénario 1. Vous avez là une explication des « Signes de reprise ». On cherche à nous rassurer. Le système entier est basé sur une gigantesque escroquerie : la confiance. Il est impératif que vous n’ayez pas peur de l’avenir pour qu’il perdure, simplement parce qu’il a besoin de toujours plus de dettes pour continuer à fonctionner.
Ces gens qui nous gouvernent s’imaginaient (sans rire) que l’on pouvait virer les salariés, les précariser, comprimer leurs salaires, faire flamber leurs dépenses contraintes, les placer en concurrence mondiale, les endetter autant que possible, et que tout allait continuer de cette façon éternellement. Quelques-uns ne vont pas reconnaître leur pays…
Notre cauchemard.
Ma préférence va vers le scénario 2, c'est-à-dire celui de l’élimination de la dette. L’économie ; sans toutefois permettre de réaliser des prédictions ; est néanmoins une rationnelle. S’imaginer que l’on peut continuer à s’endetter lorsqu’on l’est déjà trop ; c’est être soit un rêveur, soit un économiste. Le simple bon sens permet simplement d’éliminer l’orientation quasi magique du scénario 1.
En conclusion.
Au sujet du navire… L’orchestre a joué jusqu’au dernier moment.
Liste des liens.
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